Comment innover de manière responsable avec le design circulaire

Posté par : Laure Alfonsi Dans : Coups de coeur Le : Commentaire : 0 Like : 213

A la France des Créateurs, on aime beaucoup les démarches responsables, qui tendent à prendre soin de nous, des autres, de notre environnement social, culturel, naturel, à conserver et cultiver sa richesse. On aime aussi beaucoup l'innovation, les idées nouvelles, fraiches, qui tendent à répondre aux problématiques de notre monde.

Et aujourd'hui, 21 avril, c'est le BIG DAY de l'INNOVATION, alors on en profite !

Il y a quelque temps, j'ai découvert une nouvelle approche de l'innovation : le design circulaire, à la croisée des chemins entre une technique d'innovation "ancienne", le design thinking, et l'économie circulaire. J'ai évidemment été séduite par l'idée. J'ai voulu en savoir plus et interrogé Florence Faure, experte des sujets de développement durable, qui forme au design circulaire. Elle a accepté de répondre à mes questions pour nous éclairer sur ce sujet passionnant.

A propos du design circulaire

Déjà, rappelle-nous, qu'est-ce que c'est que c'est ?

Le design circulaire et une méthodologie d’innovation au service de l’économie circulaire. Elle consiste donc à chercher des solutions pour créer ou repenser une offre en étant centré sur l’utilisateur, en prenant en compte l’écosystème de l’organisation et en recherchant un impact minimum sur l’environnement (voire un impact positif), tout en assurant la rentabilité (car sans rentabilité, pas de durabilité !).

En quelques mots, quel est son impact sur notre quotidien ?

Le design circulaire s’intègre dans la stratégie des entreprises pour changer le quotidien des consommateurs. Pour les dirigeants, c’est une nouvelle façon d’appréhender le développement de leur entreprise en intégrant les contraintes mais aussi les opportunités qui découlent de la prise en compte de l’impact : plus de sens pour les collaborateurs donc une plus grande attractivité des talents, plus de qualité pour les consommateurs et une meilleure image de marque. Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils consomment et cherchent aujourd’hui à intégrer la durabilité dans leurs comportements quotidien. Les entreprises doivent l’intégrer pour rester compétitives et attractives.

Pourquoi est-ce une notion que chacun doit connaître aujourd'hui ?

Il y a d’abord le sujet réglementaire : la loi évolue pour contraindre de plus en plus les entreprises à prendre en compte l’environnement dans leur stratégie (loi de 2015 sur la transition énergétique et la croissance verte, puis Loi de 2020 sur la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire). Mais c’est surtout un enjeu majeur pour toute notre société : nous ne pouvons pas ne pas changer de modèle. Au-delà des considérations « écolo » de respect de notre planète, de la biodiversité, des territoires, etc, il y a de toute façon un problème de ressources limitées : nous consommons de plus en plus de ressources et nous sommes de plus en plus nombreux sur la planète. Si chaque terrien vivait comme un français, il épuiserait les ressources annuelles de la planète au mois de mai. Et cette date ne fait qu’avancer…

Quelles sont tes recommandations phare pour une économie plus respectueuse de l'environnement ?

Il faut intégrer systématiquement les grands principes de l’économie circulaire à chaque nouvelle réflexion sur le développement d’une offre :

  • Faire de l’éco-conception, en intégrant à la réflexion la typologie et le sourcing des matériaux
  • Prendre en compte la durée de vie des produits, avec la possibilité de réparer facilement au lieu de remplacer (le nouvel indice de réparabilité va dans ce sens)
  • Penser « fonctionnalité » et non plus produit : on peut acheter ou louer le service et non en détenir la propriété via un produit. Les bénéfices sont nombreux pour le client comme pour l’entreprise : nécessaire qualité du produit pour qu’il dure dans le temps, fidélité des consommateurs mais aussi moindre consommation de ressources naturelles
  • Etudier la possibilité de se positionner dans un écosystème de ressources : faire en sorte que les déchets d’une organisation puissent être utilisées comme des ressources pour une autre

Mais aussi bien entendu, actionner tous les leviers de bonnes pratiques que nous connaissons tous : limiter les déplacements à impact des collaborateurs, optimiser la logistique, surveiller la consommation d’énergie de l’entreprise (lumière, chauffage, …), trier les déchets, bannir le jetable, sensibiliser à la pollution numérique, …

Se former au design circulaire

Qu'apprend-on lors de ta formation sur le design circulaire ?

La formation permet d’abord de bien comprendre les enjeux de l’économie circulaire avec des exemples concrets d’entreprises qui l’ont intégrée à leur stratégie. Mais elle permet surtout de s’approprier la démarche que j’ai co-construite avec mes 2 partenaires : les apprenants prennent en main plusieurs outils de réflexion qui mènent à définir ou redéfinir une proposition de valeur qui prend en compte l’impact environnemental mais aussi la désirabilité des consommateurs et donc le potentiel économique.

Comment se déroule-t-elle ?

C’est une formation très pratique puisque les apprenants travaillent sur un cas concret. Pendant 2 jours, les étudiants organisés en équipe se plongent dans une problématique d’entreprise et bâtissent, étape par étape, en utilisant les outils que nous avons imaginés, une offre qui répond aux enjeux de durabilité et aux attentes des consommateurs. En ce moment, les formations se font en distanciel en utilisant Zoom et Mural (un outil de créativité extrêmement facile à utiliser). Cela fonctionne très bien. A l’issu des 2 jours, nous fournissons les supports qui permettront donc à nos certifiés d’utiliser les outils dans le cadre de leur activité.

Pour en savoir plus, c'est par ici !

L'experte

Florence Faure, dis-nous, qui es-tu ?

J’ai une formation universitaire en administration des entreprises. J’ai travaillé 15 dans de grands groupes sur de la stratégie digitale, avant de lancer ma start up dans l’économie circulaire : j’avais besoin d’aligner mes convictions personnelles avec mes engagements professionnels. Je suis quelqu’un d’assez actif : j’ai besoin d’avoir en permanence plusieurs projets personnels et professionnels pour me nourrir. Dans mon travail, je cherche en priorité les sujets de transformation et de construction : je suis une bâtisseuse. J’attache aussi beaucoup d’importance à ma vie sociale, j’ai besoin de voir mes amis et de m’inspirer de l’expérience des personnes que je rencontre.

Pourquoi as-tu entrepris de proposer ces formations sur le design circulaire ?

Après mon aventure de start up, j’ai fait un bref passage dans un cabinet de conseil qui m’a donné envie de développer de l’accompagnement en intelligence collective au service de l’innovation. Je me suis donc formée au Design Thinking et, tout naturellement, mon envie de poursuivre sur les enjeux de développement durable m’a amenée au Design Circulaire. C’est une méthodologie concrète, qui permet d’aller rapidement vers des solutions, donc je m’y retrouve complètement. L’approche n’est pas encore très connue et j’apprécie de contribuer à développer cette méthodologie et ainsi à changer l’approche de transformation des entreprises.

As-tu un message à passer à nos lecteurs ?

J’aime bien la métaphore du Colibri : chacun doit faire sa part. Une étude de Carbone 4 montre qu’avec les éco-gestes classiques (manger un peu moins de viande, utiliser un peu moins l’avion, préférer le vélo quand c’est possible, …) on baisse déjà notre impact personnel de 10%. Je pense que si chacun y met sa petite part, on peut déjà commencer à faire bouger les lignes.

As-tu une citation à partager avec nous ?

« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. » Darwin

Quelle est la suite pour toi ? Quels sont tes projets ?

Pour avoir une approche complète des sujets liés au développement durable, je me suis formée à la RSE. Je propose donc aujourd’hui de mettre mon expérience d’entrepreneure, de formatrice et de « change maker » au service de la transformation durable des entreprises car elles sont un levier essentiel dans notre changement de modèle.

Florence Faure et La France des Créateurs

Est-ce que l'engagement de La France des Créateurs pour la slow fashion et une consommation responsable va dans le bon sens selon toi ?

Oui, bien entendu ! Mettre en avant des marques qui cherchent à prioriser l’approvisionnement et la consommation au niveau local et, de façon générale, des pratiques durables, va forcément dans le bon sens. Il faut informer et « acculturer » les consommateurs qui, pour certains, ont de bonnes intentions mais ne savent tout simplement pas vers quelle offre se tourner ni surtout sur quels critères. Il est nécessaire que des plateformes fassent ce travail de sélection pour faciliter les choix.

Un artisan La France des Créateurs préféré ? Pourquoi ?

J’aime les accessoires proposés par l'Habit-bop, notamment les pochettes et les lingettes démaquillantes que j’ai totalement adoptées ! Les tissus d’inspiration ethnique donnent un petit air d’aventure qui me plait bien.

Vous savez - presque - tout sur le design circulaire. Pour aller plus loin : découvrez la formation ici et n'oubliez pas d'aller jeter un oeil à nos bijouxaccessoires et vêtements durables !

Notre catalogue

Mots clés: consommer responsable

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